SCLMD, le blog SoCiaL MeDia

2010 a tiré sa révérence et l’heure est venue (un peu tardivement) de jeter un coup d’œil dans le rétro sur cette année médias sociaux ô combien trépidante. Pour étayer le propos, une infographie de synthèse permettra de rafraîchir notre mémoire si volatile avec les dates clés qui ont émaillé cette année.

Chapitre 1 : Facebook

Facebook s’est, à l’évidence, approprié une large part du gâteau et de l’exposition médiatique en 2010, comme le démontre le récent couronnement de Mark Zuckerberg au titre d’homme de l’année par Time (est-ce vraiment en 2010 qu’il fallait lui attribuer ?). Beaucoup de nouveautés qui ont trouvé une forte résonance, un business model qui s’affirme, un usage mobile en plein boom (150 millions d’utilisateurs annoncés), une toute récente 3ème place dans le classement des sites les plus visités au monde mais aussi une polémique justifiée sur sa (mauvaise) gestion du respect de la vie privée et une fâcheuse tendance à procéder à des mises à jours d’abord et prévenir ses usagers ensuite (pour le meilleur et pour le pire).Vous l’aurez compris Facebook a, une fois de plus et plus que jamais, marqué l’année 2010 de son empreinte.

Mark Zuckerberg, Homme De L'Année selon Time

Mark Zuckerberg en Une du Time - Décembre 2010

S’il fallait retenir 5 dates clés :
Avril 2010 : Facebook place le web social au cœur de sa stratégie avec l’open graph et propose désormais aux sites externes l’ajout de bouton « J’aime » sur leur site.
Avril 2010 : adieu le « Devenir fan » et place au « J’aime » sur les pages Facebook (lire par ailleurs mon article sur le sujet « Fans d’hier, vous aimerez demain« ).
Août 2010 : lancement aux USA (et en France en octobre) de la fonctionnalité de géo localisation Facebook Places, concurrent direct de Foursquare et autre Gowalla…
Juillet 2010 : le cap symbolique des 500 millions de membres est franchi.
Novembre 2010 : lancement de la messagerie Facebook qui offre la possibilité d’envoyer et recevoir indifféremment SMS, chat, email, messages et permettra à ceux qui le souhaitent d’avoir leur adresse mail @facebook.com

Facebook : les faits marquants de l'année 2010

Facebook : les faits marquants de l'année 2010

Certains prédisent (espèrent ?) le déclin de Facebook en 2011. Je ne suis pas de ceux-là et reste convaincu que fort de sa masse critique d’utilisateurs, de sa forte pénétration sur le mobile, de sa fascinante durée moyenne de visite (plus de 4 heures 30 par mois), de fonctionnalités sans cesse revues et globalement améliorées et enfin de revenus en significative croissance (entre 700 et 800 millions de $ de revenus en 2009, près de 2 milliards prévus en 2010), l’avenir de Facebook s’annonce sous les meilleurs jours… au moins pour cette année 2011.

A suivre sur ce blog le chapitre 2 de ce bilan avec l’envol des services de géo localisation et la nécessaire phase de maturité attendue en 2011.

Le service Paper.li, l’agrégateur de contenus Twitter et Facebook au format journal, vient d’être tout récemment couronné par le « prix de la viralité » décerné lors du concours de start-up organisé au salon Le Web’10.

Ce service gratuit remet paradoxalement au goût du jour les habitudes de lecture dans la plus pure tradition de la presse écrite, en y ajoutant cependant une dimension « sociale ». Paper.li a pour ambition de faire de chacun de ses utilisateurs son propre éditeur. Oui, mais comment ?

Le service procède à l’analyse sémantique des contenus diffusés par ses utilisateurs et leur « écosystème social » sur Twitter (ou Facebook en mode beta) et les organise au format journal. On parle ici de content curation ou « assemblage intelligent » de contenus (lire l’article de Presse-Citron sur le sujet). Ce quotidien en ligne se présente sous la forme de différentes rubriques : A la Une, Technologie, Art & Divertissement, Business… et propose également des entrées par formats de contenus (photos, vidéos…). Il peut ensuite être partagé sur Twitter et Facebook.

Photo d'un exemple de Une de Paper.li

Exemple de Une de Paper.li

De nombreuses fonctionnalités permettent par ailleurs de personnaliser son journal (créé à partir d’un compte Twitter, d’un hashtag spécifique ou encore d’une liste Twitter) pour que celui-ci soit en parfaite adéquation avec ses centres d’intérêts. A défaut de prendre le temps de personnaliser son journal, et c’est selon moi une limite du service, les contenus sont déterminés de façon aléatoire (sur la base cependant des contenus publiés par les personnes que vous suivez sur Twitter). On peut y voir ici une opportunité de découvrir de nouveaux contenus ou à l’inverse une source supplémentaire d’informations (le fameux concept d’infobésité), pas toujours pertinentes.

De nombreux services emboitent désormais le pas à Paper.li et intègrent la dimension sociale à l’édition de contenus. Citons par exemple Flipboard ou encore PostPost qui permet d’organiser photos, vidéos, statuts, liens et autres publications de ses amis Facebook (voir la vidéo de présentation).

Au vu de l’engouement qu’elles ont suscité lors du Web 10, ces applications d’organisation et d’édition sociale des contenus semblent promises à un bel avenir, sous réserve qu’elles permettent à ses usagers d’organiser facilement mais aussi de façon personnalisée et ciblée leurs sources d’informations « sociales ».

Twittonautes du monde entier, réjouissez-vous : la nouvelle version tant attendue de Twitter vient d’être dévoilée !

Cette nouvelle version illustre à merveille le visage que Twitter souhaite désormais donner : celui d’un site plus convivial, attractif et intuitif. Une des principales raisons qui a tenu jusqu’à lors le grand public à bonne distance de Twitter tient en un grand principe que l’on pourrait résumer ainsi : « C’est bien beau Twitter mais maintenant qu’est ce que j’y fais ? ». En vue de parer à ce problème, Twitter avait déjà amorcé des améliorations en ajoutant des éléments de recommandation sur le profil de ses membres et en modifiant le système de notifications.

Avec cette nouvelle version, Twitter franchit un cap supplémentaire et fait la part belle à de nouvelles fonctionnalités qui, à n’en pas douter, seront des facteurs d’amélioration de l’expérience et contribueront à une plus grande démocratisation de son usage (il est cependant vain de penser que Twitter sera un jour un site grand public):
le vrai + : la possibilité de consulter les médias directement depuis sa timeline (photos, vidéos, retweets…)

affichage média nouveau twitter

Nouvel affichage du contenu vidéo sur un compte

une timeline bonifiée et segmentée avec des onglets complémentaires : mentions, RT, recherches, listes…
une timeline sans fin (adieu le bouton Suivant à cliquer au-delà des 20 derniers tweets) : l’intégralité de vos tweets y est désormais visible
– des outils pour identifier des comptes proches de vos intérêts ou encore suivre les conversations du moment
– la possibilité de suivre plus facilement de nouveaux profils directement depuis votre compte
– (beaucoup) plus anecdotique, le traditionnel oiseau qui faisait office d’avatar par défaut d’un compte a été remplacé par un œuf
Seule ombre au tableau, l’espace disponible pour l’habillage de son compte se voit drastiquement réduit et laisse désormais une infime place pour personnaliser l’image de fond et y communiquer des informations clés (description complémentaire, photo, lien vers des sites / blogs /médias sociaux…). Cette évolution aura un impact majeur notamment pour les comptes d’entreprises et de marques.

Envie d’en savoir plus ? Une courte et sympathique vidéo explicative visible ici vous permettra de vous faire une idée plus précise sur le sujet.
Alors, convaincus par cette nouvelle version ?

NB : pas d’inquiétude si vous ne voyez pas encore cette nouvelle version de Twitter sur votre compte, celle-ci sera déployée graduellement au cours du prochain mois.

Canon City, coin reculé du Colorado avec ses 36 000 habitants, ses 13 prisons et ses 7731 détenus. Tel est le décor du webdocumentaire Prison Valley produit par la société Upian et diffusé depuis quelques jours par Arte TV.
Dix huit mois de travail ont été nécessaires pour mener à bien ce webdocumentaire à l’allure de road movie qui dresse le portrait de l’industrie carcérale américaine. Sur le fond, le projet Prison Valley est un remarquable et passionnant travail d’investigation. Alternant écrans panoramiques, split screen, caméra subjective ou encore photographies, l’exercice de style constitue, par ailleurs, une incontestable réussite visuelle.

Prison Valley

Page d'accueil du site


L’ interactivité au cœur du dispositif Web

Disponible au choix sous la forme d’un récit linéaire de 59 minutes (diffusé le 12 juin prochain sur Arte) ou d’une exploration interactive offrant de multiples chemins de traverse, Prison Valley prend soin de placer le spectateur au cœur d’un dispositif interactif très bien ficelé qui garantit une expérience unique.

Plantant le décor initial dans une chambre de motel, le spectateur est invité s’enregistrer (on appréciera les modules Facebook Connect et Twitter Connect) et ainsi activer les bonus : débats, chats, portfolios… La création de ce compte utilisateur permet également d’enregistrer sa progression dans Prison Valley sans avoir à recommencer depuis le début à chaque nouvelle visite.

S’offrent alors au spectateur, devenu acteur de la narration, la possibilité de façonner son expérience aux détours des différents contenus additionnels qui lui sont proposés : témoignages, ressources documentaires, éléments sonores… Le visiteur peut également échanger ses impressions en direct, poser des questions aux « personnages » (« qui y répondront ou non », dixit David Dufresne un des deux instigateurs du projet avec Philippe Brault).


Un déploiement multicanal

Au-delà de l’expérience interactive proposée par Prison Valley, c’est le dispositif dans sa globalité qui force l’admiration. Plus de 6 mois auront été nécessaires pour bâtir l’ensemble de l’interface.

S’appuyant sur les désormais incontournables page Facebook, compte Twitter et autres applications iPhone , Prison Valley place également l’internaute au centre des débats par l’intermédiaire d’un forum, d’un blog et d’un chat hebdomadaire qui permettent d’échanger avec des acteurs du monde judiciaire et pénitentiaire tels que Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice , l’Observatoire international des Prisons…. L’ensemble de ces outils permet de pousser plus loin encore la réflexion sur la situation carcérale et de jeter les ponts entre la réalité de Prison Valley et notre réalité française.

En complément de ce dispositif, les partenaires du projet que sont FranceInter.com, Liberation.fr et Yahoo.fr ont été mis à contribution pour assurer une visibilité significative au projet.

On pourra opposer au dispositif Web une navigation pas toujours intuitive, l’utilisateur se perdant parfois en route, mais n’est-ce pas finalement là l’essence même de ce projet interactif à tiroirs ?

Un pari financier ?

Prison Valley soulève légitimement la question du modèle économique du format webdocumentaire. Avec un budget de 230 000 euros, Prison Valley apparaît comme un pari financier tant le genre semble encore dépourvu d’une économie solide.

Le CNC a financé à ce jour 90 000 euros d’aide à la production en complément des 19 500 euros en aide à l’écriture perçus par les 2 auteurs. Arte.tv a financé le projet à hauteur de 70 000 euros, la chaîne Arte a acheté 20 000 euros la diffusion de la version télé (aide aux frais techniques et achat compris). Le producteur Upian a donc dû prendre en charge la différence, notamment en apport en industrie.

Mais ne laissons pas ces considérations financières altérer notre plaisir de spectateurs et souhaitons que les ventes internationales du documentaire télé et du livre à paraître permettront au projet d’atteindre l’équilibre financier afin que d’autres initiatives similaires continuent à voir le jour. Une chose est sûre, Prison Valley constitue d’ores et déjà un modèle du genre et marquera de son empreinte l’histoire du webdocumentaire interactif.

La récente étude menée par l’agence Burson-Marsteller auprès des compagnies membres du classement Fortune 100 (les 100 plus importantes entreprises internationales en terme de chiffre d’affaires) nous permet de mieux mesurer l’intensité de leur engagement sur les médias sociaux.

Ce panel d’entreprises se compose de 29 entreprises américaines, 48 européennes, 20 entreprises de la zone Asie Pacifique et enfin 3 latino-américaines.

Les principaux enseignements à en tirer sont :

· Présence : 79% des entreprises de ce classement sont présentes sur au moins un média social (Twitter, Facebook, Youtube ou blog)

· Utilisation : Twitter est le média social sur lequel ces entreprises sont majoritairement implantées (65% d’entre elles)

· Popularité : chacune de ces entreprses a en moyenne 40 844 fans sur Facebook et 1 489 sur Twitter

· Activité : 82% de ces entreprises déclarent avoir eu une activité sur Twitter la semaine précédant l’étude et 59% sur Facebook

· Mises à jour : sont publiés en moyenne chaque semaine 27 tweets et 3,6 posts sur Facebook contre 10 nouvelles vidéos sur Youtube et 7 posts sur le blog d’entreprise chaque mois.


L’intégralité de la présentation de Burson-Marsteller est consultable ici.
Ces résultats sont-ils conformes à ce que vous pouviez imaginer de la part d‘entreprises de cette envergure ?

Facebook vient d’officialiser auprès de ses annonceurs un changement qui pourrait être qualifié de mineur, mais qui est en réalité très révélateur de l’expression de l’attachement de ses utilisateurs à un produit ou à une marque.

Le concept de « Devenir fan » d’une page vit, en effet, ses derniers jours. Place désormais au déjà classique et éprouvé concept du « J’aime », qui a fait ses preuves sur le réseau social aux 400 millions de membres. Cette notion introduite par Facebook en février 2009 (et initialement applicable à des contenus ou des statuts) a connu un franc succès, de par sa simplicité d’usage et le degré d’interaction plus modéré qu’elle implique.

Cette décision s’explique certainement par le fait que le terme de « fans » n’est aujourd’hui pas totalement adapté aux problématiques de marques. En effet, seuls certains clients « ambassadeurs » ont réussi à fidéliser un nombre significatifs de fans mais de manière générale, les liens d’attachement avec les institutions se sont affaiblis. L’évolution de cette notion de « devenir fans » vers le plus modéré « j’aime » n’est qu’une expression de cette tendance et pourrait permettre aux usagers de franchir un premier palier d’engagement en exprimant leur intérêt pour une marque. Elle devrait accessoirement permettre aux annonceurs d’accroître significativement leur audience au sein de leur page Facebook et plus généralement leur présence sur les réseaux sociaux.

Du point de vue de Facebook, cette fonctionnalité présente un intérêt évident de performance : chaque jour, ses utilisateurs « aiment » deux fois plus qu’ils ne « deviennent fans ».

La situation reste cependant paradoxale sur un point : Facebook conservera le terme de « Pages Fans » alors même qu’elle met hors course la notion de « Devenir fan ». Et si Twitter n’avait finalement pas identifié la terminologie idéale en proposant depuis ses débuts à ses usagers de « suivre » les comptes qui les intéressent ?

1,73 milliards d’internautes dans le monde, 247 milliards d’emails envoyés quotidiennement, +234 millions de sites web, +400 millions de membres sur Facebook, +50 millions de tweets/jour ou encore +1 milliard de vidéos vues quotidiennement sur YouTube… sont autant de statistiques impressionnantes illustrant l’usage des médias sociaux (et des services/sites internet au sens large) que Jesse Thomas a décidé de réunir au sein d’une même vidéo intitulée: “State of the Internet”.
Source Mashable.

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