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Le service Paper.li, l’agrégateur de contenus Twitter et Facebook au format journal, vient d’être tout récemment couronné par le « prix de la viralité » décerné lors du concours de start-up organisé au salon Le Web’10.

Ce service gratuit remet paradoxalement au goût du jour les habitudes de lecture dans la plus pure tradition de la presse écrite, en y ajoutant cependant une dimension « sociale ». Paper.li a pour ambition de faire de chacun de ses utilisateurs son propre éditeur. Oui, mais comment ?

Le service procède à l’analyse sémantique des contenus diffusés par ses utilisateurs et leur « écosystème social » sur Twitter (ou Facebook en mode beta) et les organise au format journal. On parle ici de content curation ou « assemblage intelligent » de contenus (lire l’article de Presse-Citron sur le sujet). Ce quotidien en ligne se présente sous la forme de différentes rubriques : A la Une, Technologie, Art & Divertissement, Business… et propose également des entrées par formats de contenus (photos, vidéos…). Il peut ensuite être partagé sur Twitter et Facebook.

Photo d'un exemple de Une de Paper.li

Exemple de Une de Paper.li

De nombreuses fonctionnalités permettent par ailleurs de personnaliser son journal (créé à partir d’un compte Twitter, d’un hashtag spécifique ou encore d’une liste Twitter) pour que celui-ci soit en parfaite adéquation avec ses centres d’intérêts. A défaut de prendre le temps de personnaliser son journal, et c’est selon moi une limite du service, les contenus sont déterminés de façon aléatoire (sur la base cependant des contenus publiés par les personnes que vous suivez sur Twitter). On peut y voir ici une opportunité de découvrir de nouveaux contenus ou à l’inverse une source supplémentaire d’informations (le fameux concept d’infobésité), pas toujours pertinentes.

De nombreux services emboitent désormais le pas à Paper.li et intègrent la dimension sociale à l’édition de contenus. Citons par exemple Flipboard ou encore PostPost qui permet d’organiser photos, vidéos, statuts, liens et autres publications de ses amis Facebook (voir la vidéo de présentation).

Au vu de l’engouement qu’elles ont suscité lors du Web 10, ces applications d’organisation et d’édition sociale des contenus semblent promises à un bel avenir, sous réserve qu’elles permettent à ses usagers d’organiser facilement mais aussi de façon personnalisée et ciblée leurs sources d’informations « sociales ».

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Canon City, coin reculé du Colorado avec ses 36 000 habitants, ses 13 prisons et ses 7731 détenus. Tel est le décor du webdocumentaire Prison Valley produit par la société Upian et diffusé depuis quelques jours par Arte TV.
Dix huit mois de travail ont été nécessaires pour mener à bien ce webdocumentaire à l’allure de road movie qui dresse le portrait de l’industrie carcérale américaine. Sur le fond, le projet Prison Valley est un remarquable et passionnant travail d’investigation. Alternant écrans panoramiques, split screen, caméra subjective ou encore photographies, l’exercice de style constitue, par ailleurs, une incontestable réussite visuelle.

Prison Valley

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L’ interactivité au cœur du dispositif Web

Disponible au choix sous la forme d’un récit linéaire de 59 minutes (diffusé le 12 juin prochain sur Arte) ou d’une exploration interactive offrant de multiples chemins de traverse, Prison Valley prend soin de placer le spectateur au cœur d’un dispositif interactif très bien ficelé qui garantit une expérience unique.

Plantant le décor initial dans une chambre de motel, le spectateur est invité s’enregistrer (on appréciera les modules Facebook Connect et Twitter Connect) et ainsi activer les bonus : débats, chats, portfolios… La création de ce compte utilisateur permet également d’enregistrer sa progression dans Prison Valley sans avoir à recommencer depuis le début à chaque nouvelle visite.

S’offrent alors au spectateur, devenu acteur de la narration, la possibilité de façonner son expérience aux détours des différents contenus additionnels qui lui sont proposés : témoignages, ressources documentaires, éléments sonores… Le visiteur peut également échanger ses impressions en direct, poser des questions aux « personnages » (« qui y répondront ou non », dixit David Dufresne un des deux instigateurs du projet avec Philippe Brault).


Un déploiement multicanal

Au-delà de l’expérience interactive proposée par Prison Valley, c’est le dispositif dans sa globalité qui force l’admiration. Plus de 6 mois auront été nécessaires pour bâtir l’ensemble de l’interface.

S’appuyant sur les désormais incontournables page Facebook, compte Twitter et autres applications iPhone , Prison Valley place également l’internaute au centre des débats par l’intermédiaire d’un forum, d’un blog et d’un chat hebdomadaire qui permettent d’échanger avec des acteurs du monde judiciaire et pénitentiaire tels que Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice , l’Observatoire international des Prisons…. L’ensemble de ces outils permet de pousser plus loin encore la réflexion sur la situation carcérale et de jeter les ponts entre la réalité de Prison Valley et notre réalité française.

En complément de ce dispositif, les partenaires du projet que sont FranceInter.com, Liberation.fr et Yahoo.fr ont été mis à contribution pour assurer une visibilité significative au projet.

On pourra opposer au dispositif Web une navigation pas toujours intuitive, l’utilisateur se perdant parfois en route, mais n’est-ce pas finalement là l’essence même de ce projet interactif à tiroirs ?

Un pari financier ?

Prison Valley soulève légitimement la question du modèle économique du format webdocumentaire. Avec un budget de 230 000 euros, Prison Valley apparaît comme un pari financier tant le genre semble encore dépourvu d’une économie solide.

Le CNC a financé à ce jour 90 000 euros d’aide à la production en complément des 19 500 euros en aide à l’écriture perçus par les 2 auteurs. Arte.tv a financé le projet à hauteur de 70 000 euros, la chaîne Arte a acheté 20 000 euros la diffusion de la version télé (aide aux frais techniques et achat compris). Le producteur Upian a donc dû prendre en charge la différence, notamment en apport en industrie.

Mais ne laissons pas ces considérations financières altérer notre plaisir de spectateurs et souhaitons que les ventes internationales du documentaire télé et du livre à paraître permettront au projet d’atteindre l’équilibre financier afin que d’autres initiatives similaires continuent à voir le jour. Une chose est sûre, Prison Valley constitue d’ores et déjà un modèle du genre et marquera de son empreinte l’histoire du webdocumentaire interactif.


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