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Canon City, coin reculé du Colorado avec ses 36 000 habitants, ses 13 prisons et ses 7731 détenus. Tel est le décor du webdocumentaire Prison Valley produit par la société Upian et diffusé depuis quelques jours par Arte TV.
Dix huit mois de travail ont été nécessaires pour mener à bien ce webdocumentaire à l’allure de road movie qui dresse le portrait de l’industrie carcérale américaine. Sur le fond, le projet Prison Valley est un remarquable et passionnant travail d’investigation. Alternant écrans panoramiques, split screen, caméra subjective ou encore photographies, l’exercice de style constitue, par ailleurs, une incontestable réussite visuelle.

Prison Valley

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L’ interactivité au cœur du dispositif Web

Disponible au choix sous la forme d’un récit linéaire de 59 minutes (diffusé le 12 juin prochain sur Arte) ou d’une exploration interactive offrant de multiples chemins de traverse, Prison Valley prend soin de placer le spectateur au cœur d’un dispositif interactif très bien ficelé qui garantit une expérience unique.

Plantant le décor initial dans une chambre de motel, le spectateur est invité s’enregistrer (on appréciera les modules Facebook Connect et Twitter Connect) et ainsi activer les bonus : débats, chats, portfolios… La création de ce compte utilisateur permet également d’enregistrer sa progression dans Prison Valley sans avoir à recommencer depuis le début à chaque nouvelle visite.

S’offrent alors au spectateur, devenu acteur de la narration, la possibilité de façonner son expérience aux détours des différents contenus additionnels qui lui sont proposés : témoignages, ressources documentaires, éléments sonores… Le visiteur peut également échanger ses impressions en direct, poser des questions aux « personnages » (« qui y répondront ou non », dixit David Dufresne un des deux instigateurs du projet avec Philippe Brault).


Un déploiement multicanal

Au-delà de l’expérience interactive proposée par Prison Valley, c’est le dispositif dans sa globalité qui force l’admiration. Plus de 6 mois auront été nécessaires pour bâtir l’ensemble de l’interface.

S’appuyant sur les désormais incontournables page Facebook, compte Twitter et autres applications iPhone , Prison Valley place également l’internaute au centre des débats par l’intermédiaire d’un forum, d’un blog et d’un chat hebdomadaire qui permettent d’échanger avec des acteurs du monde judiciaire et pénitentiaire tels que Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice , l’Observatoire international des Prisons…. L’ensemble de ces outils permet de pousser plus loin encore la réflexion sur la situation carcérale et de jeter les ponts entre la réalité de Prison Valley et notre réalité française.

En complément de ce dispositif, les partenaires du projet que sont FranceInter.com, Liberation.fr et Yahoo.fr ont été mis à contribution pour assurer une visibilité significative au projet.

On pourra opposer au dispositif Web une navigation pas toujours intuitive, l’utilisateur se perdant parfois en route, mais n’est-ce pas finalement là l’essence même de ce projet interactif à tiroirs ?

Un pari financier ?

Prison Valley soulève légitimement la question du modèle économique du format webdocumentaire. Avec un budget de 230 000 euros, Prison Valley apparaît comme un pari financier tant le genre semble encore dépourvu d’une économie solide.

Le CNC a financé à ce jour 90 000 euros d’aide à la production en complément des 19 500 euros en aide à l’écriture perçus par les 2 auteurs. Arte.tv a financé le projet à hauteur de 70 000 euros, la chaîne Arte a acheté 20 000 euros la diffusion de la version télé (aide aux frais techniques et achat compris). Le producteur Upian a donc dû prendre en charge la différence, notamment en apport en industrie.

Mais ne laissons pas ces considérations financières altérer notre plaisir de spectateurs et souhaitons que les ventes internationales du documentaire télé et du livre à paraître permettront au projet d’atteindre l’équilibre financier afin que d’autres initiatives similaires continuent à voir le jour. Une chose est sûre, Prison Valley constitue d’ores et déjà un modèle du genre et marquera de son empreinte l’histoire du webdocumentaire interactif.

La récente étude menée par l’agence Burson-Marsteller auprès des compagnies membres du classement Fortune 100 (les 100 plus importantes entreprises internationales en terme de chiffre d’affaires) nous permet de mieux mesurer l’intensité de leur engagement sur les médias sociaux.

Ce panel d’entreprises se compose de 29 entreprises américaines, 48 européennes, 20 entreprises de la zone Asie Pacifique et enfin 3 latino-américaines.

Les principaux enseignements à en tirer sont :

· Présence : 79% des entreprises de ce classement sont présentes sur au moins un média social (Twitter, Facebook, Youtube ou blog)

· Utilisation : Twitter est le média social sur lequel ces entreprises sont majoritairement implantées (65% d’entre elles)

· Popularité : chacune de ces entreprses a en moyenne 40 844 fans sur Facebook et 1 489 sur Twitter

· Activité : 82% de ces entreprises déclarent avoir eu une activité sur Twitter la semaine précédant l’étude et 59% sur Facebook

· Mises à jour : sont publiés en moyenne chaque semaine 27 tweets et 3,6 posts sur Facebook contre 10 nouvelles vidéos sur Youtube et 7 posts sur le blog d’entreprise chaque mois.


L’intégralité de la présentation de Burson-Marsteller est consultable ici.
Ces résultats sont-ils conformes à ce que vous pouviez imaginer de la part d‘entreprises de cette envergure ?


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